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11 juin 2013

Toujours plus vers le nord - vers Garze

Litang dans le fond de la vallée à 4000 m
c'est trop beau !
Nous quittons Litang et son ambiance à 90 % tibétaine, à regret, malgré un temps médiocre et très froid, des orages de grêle et de neige, (coupures d'électricité), qui ont bien blanchi les collines tout autour de la ville. Nous démarrons cette nouvelle étape par une montée bien boueuse au premier col à 4100 m mais la vue (sous le soleil enfin) sur la haute vallée de Litang nous fait oublier tous les efforts.


poteaux électriques décorés de drapeaux à prière au col
Les jours d'arrêt et de repos sont nécessaires et cela fait du bien de ne pas avoir à repartir tous les matins mais au bout de 3 jours, lorsque nous nous remettons en selle, le plaisir et l'ivresse de la découverte et de la liberté nous submergent à chaque fois.

Nous enchaînons encore plusieurs cols toujours au-dessus de 4000 m et vallées dont l'herbe, dont se régalent les yaks, devient bien plus verte maintenant (le printemps arrive-t-il ?). Nous oscillons maintenant entre 3000-3500 m et 4600 m environ.
tentes nomades et yaks
rencontre
Dans la vallée suivante que nous remontons bien longtemps jusqu'à un nouveau col de 4500 m, nous redécouvrons le plaisir de pédaler sur un revêtement absolument impeccable, tout neuf, sans travaux. Ici plus de cultures, plus de grandes maisons tibétaines, mais de petites bâtisses sommaires, parfois des tentes. Nous sommes bien chez les éleveurs de yaks, nomades, qui suivent leurs troupeaux sur les pâturages.


bâtisses bien plus rustiques, village pas loin du col

4500 m encore !!!
Du sommet, nous plongeons littéralement dans une vallée boisée, où l'exploitation du bois fait vivre les quelques villages, et on se régale d'une descente d'anthologie : 50 km de descente sur une route parfaite.... ça vous dit ? allez on y va !
en voici un qui se régale !
Extraordinaire. Le problème c'est que l'on descend toujours (jusque vers 3000 m) et qu'il va bien falloir remonter tout ça !



village de toiles et danses sur la route

on campe près de ce village dans la descente de la vallée
...mais nous aurons des observateurs bien
curieux pendant toute la soirée !
piste bien poussiéreuse parfois
Bon cela ne pouvait pas continuer ainsi et c'est sur une mauvaise piste, coincée entre falaises et rivière furieuse, dans une vallée bien étroite, où les travaux en cours sont sporadiques que nous traçons notre route vers Xinlong. Les maisons villageoises, lorsque les pentes se font plus douces, se font à nouveau plus cossues. Les champs d'orge sont ensemencés. Nombreux sourires et taschidele nous accompagnent.
rien ne leur échappe !!!
monastère de Xinlong
Mais Xinlong nous laisse une impression désagréable. Un "je ne sais quoi de différent" se dégage de cette petite ville très poussiéreuse, où un grand monastère attire de nombreux moines. On n'aime pas, on ne se sent pas accueilli. Ambiance difficile à définir. Cela fait déjà plusieurs fois qu'on nous parle du Dalai Lama sur un ton de confidence, la présence policière, d'ailleurs depuis Litang, est bien plus présente.
Xinlong
C'est à partir de là que nous subissons plusieurs contrôles de police (mais rien de bien méchant).






A Xinlong, 4 biclou qui frétillent d'impatience de
 reprendre la route
(Avec Mona et Bruno)
leur blog :
www.wirsindwiederunterwegs.blogspot.ch

même pas peur des chutes de pierres....
Nous continuons vers Garze, accompagnés par Mona et Bruno, couple suisse de Bâle, à vélo depuis 6 mois, déjà rencontrés à Litang, dans une vallée étroite avec risques de chutes de pierres (mais nous sommes protégés par les nombreux drapeaux à prière disséminés aux endroits stratégiques) se transformant en gorges par endroits.


moulins à prière .... à eau
Les villages se suivent annoncés par de nombreux chortens, murs à mani, monastères aux toits dorés. Nous n'avançons pas vite, la route est en très mauvais état et nous semble interminable.
pas de chomage en Chine avec tous
les travaux sur les routes en
cours


mur à mani


A Garze, encore à 3500 m environ, moines et nonnes sont particulièrement nombreux dans les rues (moines-moto, moines-4X4, moines-mendiants) mais le centre ville près du marché est sous haute surveillance policière, des caméras partout.... ambiance majoritairement tibétaine bien plus tendue (un policier me demande d'effacer une photo que je venais de prendre d'un tibétain....).
C'est à partir d'ici que nous croisons les premiers mendiants.
Du monastère,  situé au-dessus du quartier tibétain (dont les maisons basses en pisé contrastent avec les nouveaux bâtiments sans charme du centre ville, s'étale toute la vallée et la vue sur les pics enneigés des Chola Mountains, culminant à plus de 6000 m, sous le soleil enfin retrouvé, est magnifique.
au monastère

ancien quartier tibétain 

nonnes au marché

9 mai 2013

Au Far West....


....Mais au far west tibétain ! 
chevaux tressés et superbe chapeau
cochons dans les rues de Litang
moulin à prière qui tourne inlassableme t
Après quelques 10km de piste très très poussiéreuse, et interminable, voici la première impression « à chaud» que nous avons eu lors de nos premiers tours de roues dans la petite ville de Litang, terme de cette nouvelle étape, perchée à 4000 m sur un large plateau herbeux, adossée contre les reliefs qui le bordent. L’avenue principale, bien poussiéreuse, que se partagent cochons, yaks, motos customisées, taxis et les nombreux véhicules de police, est haute en couleurs. En se baladant dans la ville à grande majorité tibétaine (même si certains commerces sont tenus par des han), nous pouvons observer les différents costumes traditionnels portés autant par les hommes que par les femmes tibétaines et qui peuvent varier. Nomades et villageois, des environs y font leurs emplettes et les hommes ont fière allure, chapeau cow-boyt en tant que couvre-chef, avec leur manteau à fourrure, noué à la taille, dont une manche retombe. Parfois, leurs cheveux longs tenus par des bandeaux ou décorations rouges (nomades…). On les verrait bien  sauter sur leurs chevaux pour galoper dans ces espaces sauvages. Mais à l’heure actuelle, ce sont les motos qui ont remplacés ces fiers destriers, décorées de couvertures  et autres décorations, comme les chevaux dans le temps. Des festivals équestres sont organisés dans la région en été.



fier tibétain 

ça doit être l'altitude...
il a décoré son vélo comme les motos tibétaines....
mais bon il faut toujours pédaler...


Avec quelques-uns des
travailleurs...
pièce enfumée par la fumée
du poêle
Mais pour arriver dans ce petit bout du monde, avons gravi pendant 5 jours plusieurs cols au-dessus de 4000 m, dont le plus haut col de notre périple, à vélo, à ce jour, à 4725 m (avec un dénivelé de 1725m) et deux jours pour en venir à bout (toujours avancer, monter, par étapes de 5km, psychologiquement cela permet de ne pas désespérer !). Ce premier soir, dans cette montée, nous nous arrêtons dans le dernier village, perché à flanc, et serons accueillis par un groupe de bûcherons, eux-mêmes hébergés dans une maison traditionnelle tibétaine et qui partageront leur repas avec nous. Nous y goûtons aussi le thé au beurre de yak ! La nuit sera particulièrement bruyante avec des rats (on suppose) qui ont fait la fête toute la nuit dans les murs ou au-dessus du plafond de la pièce où nous dormons, à côté du poêle déjà éteint. Dehors l’orage gronde et sommes contents d’être à l’abri !

quel temps à 4700 ???
départ le lendemain matin sous le crachin
Au matin, le brouillard laisse entrevoir les sommets qui ont à nouveau revêtu leurs habits d’hiver et la pluie et le mauvais temps nous accompagnent pendant les 2 premiers jours , parfois le soleil joue à cache-cache avec les nuages bien nombreux.

montée dans les gorges
c'est encore loin le sommet ???
il fait trooooop froid !!!!
Après une montée dans des gorges bien étroites puis une belle vallée où des nomades se sont installés avec leurs troupeaux de yaks, nous arrivons à ce col sous un temps très couvert, sous une averse de grêle et surtout un vent glacial qui écourte sérieusement les séances photo au sommet !

descente difficile sous la grêle
et le froid
après une bonne nuit au chaud
tout le monde a le sourire...
Nous avons tellement froid dans la descente malgré toutes nos couches que nous poussons jusqu’au village de Sumdo, au lieu de camper, où nous passons la nuit dans un petit hôtel (sans chauffage mais couverture chauffante !!!). Killian était complètement frigorifié.


maisons tibétaines
yaks en route vers les vallées
herbeuses
Le village nous surprend par son architecture de maisons tibétaines en pierres, tels des mini-chateaux… éparpillés dans cette plaine d’altitude à 4000 m.




en route vers le col
désert de pierres à 4600m 
notre abri
famille tibétaine
matelas au sol mais on est protégé du vent fou
Le lendemain, deux cols à plus de 4600 m nous attendent et nous évoluons ensuite sur un immense plateau parsemé d’énormes rochers et de mini-lacs, chargé de mystère renforcé par les nuages gris, sombres, d’orage au loin, les rayons de soleil qui essayent de se frayer une voie, la piste poussiéreuse qui louvoie parmi cet environnement sauvage, peu de circulation. C’est aussi le domaine du vent, glacial toujours, comme en témoignent les sommets alentours chapeautés de blanc, et  notre quête d’un endroit de bivouac à l’abri sera infructueuse. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu si froid. Nous continuons jusqu’à la prochaine petite vallée où nous trouverons à nous réchauffer auprès d’un poêle bienvenu dans une minuscule boutique. Un ouvrier y travaillant, nous propose de partager sa chambre. Killian est heureux d’avoir un toit, sa tente n’étant pas très adaptée au temps hivernal.

tentes nomades

sur le plateau tibétain




toujours à + 4000 m







Sono essaye le vélo 
Cols et vallées agricoles parsemées de jolis villages tibétains avec les maisons-châteaux en pierre, parfois en pisé, où nous passeront la dernière nuit, hébergé par Sono, se succèdent jusqu’à Litang. Sono est tout seul dans sa grande maison, car sa femme, ses 2 filles et 2 fils sont partis dans les montagnes pour l'été avec le troupeau de yaks (51 bêtes). Il garde la maison pour éviter vols et vandalisme...

Sur la dernière partie de l’itinéraire, nous ressentons un peu les méfaits du tourisme (on nous demande de l’argent à 2-3 reprises)  et on nous propose des drôles de racines qui seraient bonnes pour la santé ! A Litang, nous en verrons sécher et en vente au marché et après quelques recherches, il s’avère que ce sont des « champignons-chenilles », récoltés en avril/mai par les tibétains, dont c'est une source de revenus importante, sur les plateaux entre 3500 et 4500 m d’altitude et très recherchés dans la pharmacopée de médecine chinoise traditionnelle. Ils renforceraient les défenses immunitaires et auraient aussi d’autres vertus.

drapeaux à prière au col
route le long des falaises
drapeaux à prière pour protéger
des chutes de pierres
Partout le long de notre route, la ferveur bouddhique est palpable : chorten, stupa et montagnes sacrées, cols, décorés d’innombrables drapeaux à prière, hommes et femmes tournant inlassablement autour des moulins à prière ou des temples, toujours dans le sens des aiguilles d’une montre, ayant eux-mêmes un moulin à prière à la main ou un chapelet .


monastère de Sumdo
moines récitant les textes 
Au monastère de Sumdo, nous pourrons assister à la prière des moines qui récitent les textes sacrés. L’essence même de la cérémonie nous échappe mais l’ambiance qui s’en dégage nous retient bien  longtemps.


A l’extérieur, les fidèles tournent les moulins à prière et quelques enfants nous emmènent découvrir le site.
et ça tourne...
petit lapin espiègle...

Dominique suit un cours de ferveur
bouddhique


A Litang, où nous rejoignons la route reliant Chengdu à Lhassa au Tibet, nous croisons des dizaines et des dizaines de cyclistes chinois, ralliant Lhassa au Tibet, tel un défi sportif.

3 jours à Litang pour étudier la suite de notre parcours, sachant que nous devons rejoindre d’ici la fin du mois une ville (et il y en a peu dans la région) où nous pourrons à nouveau renouveler notre visa (pour la dernière fois) et ensuite rejoindre Beijing.