9 mars 2013

1 an de voyage

une année entière à avancer, à être en mouvement constant, tous les sens aux aguets pour assimiler toutes les sensations qui nous assaillent, un an à la rencontre des autres, des rencontres parfois de quelques instants ou de plusieurs heures avec un vrai partage..... et bien, on a du mal à réaliser.
Vue sur les pics karstiques et sur la pluie
diluvienne de Vang Vieng
un an de voyage avec une arrivée sous une pluie diluvienne (la première depuis bien longtemps, depuis la Turquie) (nous sommes à la saison sèche mais une tempête sur la mer de Chine s'est décalée sur le nord du Laos) à Vang Vieng dans le nord du Laos. Situé dans un environnement de montagnes karstiques dont nous avons fait qu'entrevoir les silhouettes, noyées dans des nuages épais et bas, nous avons surtolut profité de cette petite ville touristique pour se ressourcer et fêter dignement ces 12 mois de balade. On a craqué, après plusieurs mois de riz et de noodles aussi bien au petit dejeuner, qu'au déjeuner et dîner, pour une pizza et même un pot de nutella, des saveurs bien de chez nous, ce qui fait du bien au moral.



pas de problème au Laos pour transporter
vélos sur un bus
Ce moral, un peu à la baisse depuis le sud du Laos, chaleur et route moins intéressante et peut-être un coup de fatigue et de blues, et surtout le timing précis pour l'entrée en Chine (au plus tard le 17 mars) nous a incité à faire un bond rapide en avant de Savannakhet au centre du Laos, en bus, jusqu'à la capitale Vientiane.


Capitale sympathique avec ses airs de petite ville de province, et ses anciens temples disséminés dans la vieille ville, le Pataxai en forme d'arc de triomphe et son immense avenue bordée au bout par le palais présidentiel avec ses airs de déjà vu, serions nous aux champs Elysés miniatures, et le hasard qui nous amène devant le restaurant "l'Alsace" tenu par un vrai de vrai originaire d'Ohlungen (on peut y gouter des spaetzle, des grumberesalad, knepfle, etc...), de belles rencontres de voyageurs dont Michael et Michel et Karine, que nous avions déjà rencontré au Cambodge, et d'autres, et surtout la perspective de changer de décor et de  partir vers les montagnes, nous reboostent le moral.
La Chine n'est plus très loin, allez on y va.
Pataxai à Vientiane

stupa doré et bouddha couché

Le Mékong à Vientiane

2ème rencontre avec Michel et Karine

vue depuis le palais présidentiel vers le Pataxai

un petit coin de chez nous... loin de chez nous !

mariés sous le soleil couchant

A vientiane c'est repos pour les jambes , dans une belle maison lao traditionnelle....
mais la tête travaille....

Changement d'ambiance quelques kilomètres après Vientiane, et après un premier petit col, nous voilà dans les montagnes recouvertes d'une épaisse couverture forestière. Jusqu'à Vang Vieng, ce sera une mise en jambe pour la suite, avec de nombreuses petites montées et descentes. Les petits villages lao bien plus éloignés les uns des autres, ponctuent le parcours.

jeunes lycéennes en train de préparer une danse pour le spectacle de fin d'année de leur école (les grandes vacances commencent vers la mi-fin mars jusqu'à fin avril environ pendant la période la plus chaude de l'année)

dernières routes plates avant les montées

vers Vang Vieng


guesthouse sur le trajet, les vélos dorment à côté de nous dans la chambre.... et ce matin il tombe des cordes

parapluie sur scooter

toujours vers Vang Vieng

papaya salad et sticky rice pour se remettre de nos kilomètres sous une pluie diluvienne... à Vang Vieng

Quelques photos du sud du Laos, promises sur l'article précédent :
café qui sèche le long de la route du plateau des bolaven

ce sera nous les écoliers (sous tente) pour une nuit !

usagers de la route....à deux roues, ou... 4 pattes...

plantations de café

piste de 100 km de Saravan pour retrouver la route principale

dans les assiettes, ce sont bien des larves et autres insectes
avis aux amateurs



3 mars 2013

Sabaidee Laos

La traversée de la frontière Cambodge / Laos, ou comment les fonctionnaires mal payés arrondissent leurs fins de mois.
Pas de fouille de sacoches, on pourrait transporter.... plein de choses !
Mais côté cambodgien, "2$ please" pour apposer le tampon de sortie du pays, au lieu de 1$ habituellement, car c'est samedi !
Côté Laos, où nous faisons faire directement notre visa à la frontière, ce sera 1$ pour le préposé aux visas et 2$ pour le tampon d'entrée dans le pays dans le bureau à côté, prix doublés car on est samedi !
On était prévenus et beaucoup de voyageurs refusent mais finissent par payer ou alors ils ne passent pas !!! Nous choisissons la méthode de l'attendrissement, quelques sourires... et finalement on arrivera à couper la poire en deux !!! mais aurons malgré tout participé à enrichir des fonctionnaires corrompus.
En discutant avec les gens, on nous confirme que la corruption est partout et que le pays tout entier fonctionne ainsi.
on a passé le poste frontière laotien, au milieu de la forêt


Voene Kam, baignade dans le Mékong
Une frontière n'est qu'une ligne imaginaire et on pourrait penser que d'un côté  ou de l'autre, peu de différence. Pourtant, ce premier jour au Laos, dans le petit village de Voene Kam, tout près de la frontière, l'ambiance n'est pas la même que de l'autre côté. Plus de hello, des sabaidee plus timides, réservés. Nous dormons ce soir là dans la tente au milieu du village et personne ne viendra nous voir et nous questionner. Cela faisait bien longtemps qu'on ne se sentait aussi "tranquille".
notre campement sur une terrasse couverte à Voene Kam

Nous découvrirons au fil des jours que les laotiens, malgré de nombreux sabaidee lancés lors de nos traversées de villages, sont beaucoup plus réservés. Est-ce de l'indifférence ou simplement la capacité de respecter l'espace vital de chacun ?  Nous verrons au fil de notre avancée.
Dans tous les cas, surtout dans les villages, les sabaidee fusent à notre passage et les parents apprennent aux plus jeunes à saluer les falangs.


coucher de soleil sur le Mékong à Voene Kam
Nous rejoignons le site des 4000 îles sur le Mékong, via un petit détour par les chutes de Khone, et passerons 2 jours sur Don Det pour prendre un peu de repos. Cette petite île n'est doté de l'électricité que depuis peu (3 ans environ) et depuis plus récemment encore les guesthouses proposent internet. Ce qui était il y a seulement 4 à 5 années un lieu idéal hors du temps a été pris d'assaut maintenant par des jeunes en quête de lieux pour faire la fête et se promener sur le Mékong sur des chambre à air de tracteur (tubing).
Au bout de l'île, loin de l'agitation du débarcadère, nous planterons notre tente dans le jardin d'une guesthouse et passerons 2 jours vraiment au calme pour se ressourcer.
chutes de Khone Phapheng


et voilà, on laisse un peu nos vélos seuls pendant notre visite et les voilà qui jouent les vedettes avec un groupe de vietnamiens en balade au Laos !!!

traversée sur une frêle embarcation pour l'île de Don Det

notre campement sur l'île face au Mékong

A partir de Paksé, un petit détour vers le plateau des Bolaven, où les plantations de café, culture introduite au début du siècle par les français, ainsi que des théiers sont nombreuses. A 1300 m d'altitude nous y apprécions un peu de fraîcheur. Ici les maisons traditionnelles en bois cotoient des maisons récentes en dur.
100 km de piste poussiéreuse nous attendent pour rejoindre la route principale à partir de Saravan.
Lors de la traversée d'un village, notre estomac crie famine. Chouette, il y a des habitants qui vendent des bananes, légumes et des choses bien bizarres. On devrait y trouver quelque chose à grignoter.
En y regardant de plus près, outre les fruits, ce sont des assiettes pleines de larves d'insectes et des brochettes de scarabés cherchés directement dans la forêt qui nous entoure. Bon pour cette fois-ci on se contentera de.... bananes !!!
En dehors de ces plats "typiques", nous trouvons surtout, dans les villages, des petits resto proposant soupes de noodles, brochettes de poulet ou saucisses et riz gluant, parfois salade de papaye (exception faite des endroits touristiques où les plats sont bien plus variés).
Le pain est toujours présent ici sous forme de petites baguettes mais on n'en trouve pas forcément partout.

P.S. : les photos pour ce dernier paragraphe suivront lors d'une prochaine connexion internet, un peu plus rapide !!!

27 février 2013

Le Cambodge en vrac !



En conclusion à ce pays où la population est tout sourire, quelques images en vrac.
Au pays du tout à 1$, où l’on peut payer indifféremment en dollars ou en riels (1 dollar = 4000 riels, montant arrondi),  le mot « dollar » est un mot magique…et parfois les totaux sont un peu fantaisistes. 


Les wat, bien que souvent moins clinquant qu’en Thailande, sont omniprésents, et le matin, les bonzes, pieds nus, font leur tournée matinale pour récolter une louche de riz ou autre nourriture, et, en contrepartie récitent une prière.




Nos bivouacs :
Souvent dans les wats, avec parfois de belles rencontres à la clé, mais où nous avons souvent été réveillés par les chants des jeunes bonzes qui récitent leurs prières avant le lever du soleil et après le coucher du soleil.
jeunes moines bien curieux pendant la préparation du petit dej

nuit dans le wat et visite avec le jeune moine

nuit en terrasse près de la maison des moines et chants en prime

quelques familles qui nous ont alloué un petit coin soit dans ou sous la maison et ont partagé riz et poisson et parfois l'alcool local, très présent.
Avec la chaleur, nous apprécions de pouvoir nous rincer, le soir, à l'eau des jarres, présentes dans chaque wat ou sous chaque maison.
salle de bain et buanderie

La notion de grasse matinée étant inconnue ici, nous nous réveillons sans problème "à la fraîche" à 5h30 du matin car coqs, chiens, prières, musiques diverses, ou parfois télé dans les familles s'en chargent. Par contre, la sieste dans le hamac est de rigueur pour les locaux, mais pas pour nous !!!

Les mob ou scooters "à tout faire"  :
pour aller faire une petite course à 100 m de la maison, on saute sur la mob
pour emmener enfants et copains à l’école, c’est en mob
la famille s'agrandit, pas de problème, on se serre un peu sur la mob
On sort entre copains ou copines, c’est en mob
On veut transporter un, deux ou trois cochons pour les vendre, pas de problème, la mob est là
Idem pour une trentaine de poules
la mob se transforme aussi en "supermarché" local
On veut transporter matelas ou tout autre chose volumineuse, il n’y a pas de problème en mob
transport de cochons

transport de poulets

1 enfant devant et 1 derrière

Pour l’essence, partout le long de la route les petites échoppes vendent l'essence par litre. Elle est déjà conditionnée dans des bouteilles de coca en verre, rarement, dans un tonneau muni d’une pompe.
bouteilles d'essence

Dans les villages, on ne passe pas inaperçu. Dès qu’ils nous voient arriver, déjà de loin, on entend des cris et des hello et des bybye frénétiques, souvent des deux côtés de la route. On a parfois du mal à leur répondre à tous. Jeunes et vieux nous saluent et dès leur plus jeune âge les parents initient les bébés en leur faisant faire un salut de la main aux barang que nous sommes.
  
L'entrée des cours ou maisons sont décorées de panneaux pour tel ou tel parti politique. Ici pas de honte, on affiche sa préférence !

Réminiscence de la colonisation, gendarmerie et police sont encore écrits en français et en khmer

Difficile de trouver une simple crème nourrissante pour ma peau, vu que toutes les crèmes portent la mention « white » ou « whitening », et les femmes se cachent le corps d’un soleil trop présent, parfois avec deux épaisseurs de pulls (mais comment font-elles avec cette chaleur ?). Elles s'occupaient aussi de ma peau en me faisant signe de me couvrir les bras alors que les marques sur nos pieds les faisaient bien rire !

En route maintenant pour le Laos pour de nouvelles découvertes.


 

20 février 2013

Le long du Mekong


L’arrivée au Mekong à Stung Trong se fait à travers d’immenses plantations d’hevea et de canne à sucre. 
une des nombreuses plantations d'hévéa

le Mékong à Stung Trong









Jusqu’à Kratie, où nous retrouvons avec plaisir Marion, voyageuse sac à dos, avec qui nous avions déjà passé un bon moment lors de notre passage au Kirghistan, la piste de sable rouge entrecoupée par une petite section asphaltée, qui suit au plus près le fleuve en rive droite, nous permet d’observer la vie rurale.
village entre Stong Treng et Kratie



hello !! bye bye !








traversée du Mékong pour rejoindre Kratie












                            en traversant un village                                         charrette remplie de tabac séché










champ de tabac et séchoir à droite
 Ces villages, où prédomine la culture du tabac, nous semblent plus animés. Derrière les maisons se dressent des séchoirs à tabac, sortes de maisons hautes aux murs d’argile, n’ayant qu’une porte et deux ouvertures de chaque côté pour y allumer le feu permettant de sécher le tabac.






du jus de canne avec plein de glace
Nous profitons des nombreux marchands vendant du jus de canne à sucre pour en remplir notre thermos avec des glaçons, ce qui nous permettra de boire bien frais toute la journée.




il redescend avec sa récolte
Certains, ne souffrant pas du vertige, grimpent le long des palmiers à sucre pour récolter le jus (matin et soir), qui, après plusieurs heures de chauffe, se transformera en sucre, apparemment très recherché.






Dans les environs, quelle surprise de voir se cotoyer femmes en tchador (minorité musulmane) et bonzes en tenue orange.








En cours de route, nous profitons de quelques trempettes dans le Mekong, pour se rafraîchir mais les courants peuvent être traitres.
baignade dans les rapides...

... et séance hamac par la suite !







Dans les villages aux environs de Kratie, notre rythme lent nous permettra de rencontrer d’anciens instituteurs de français à la retraite, qui profitent de notre passage pour converser à nouveau dans notre langue, qu’ils apprécient énormément. Ils se souviennent avec nostalgie de l’époque du protectorat français où la langue française était enseignée à l’école et le niveau de l’enseignement bien plus élevé qu’actuellement.
Seng Thim et Dom en pleine conversation

SENG THIM, 79 ans, du village de Prek Prasap nous parle de Victor Hugo et de Montesquieu et évoque l’époque des khmers rouges, pendant laquelle, en tant qu’intellectuel, il a été torturé dans la prison de Pnom Penh. Ce régime communiste a éliminé toute la classe dirigeante sachant que le simple fait de porter des lunettes vous faisait passer pour intellectuel et faisait de vous un criminel. Pendant les 3 années du régime, tout le monde a été obligé de travailler dans les rizières dans les montagnes pour à peine deux louches de soupes de riz par jour. La voisine, qui se joint à nous, se rappelle avoir vu des soldats jeter les bébés en l’air et les rattraper avec les baillonnettes ou encore les jeter aux crocodiles. Il est content que le pays soit maintenant en paix mais regrette la corruption omniprésente et déplore les diplomes que l’on peut acheter.
Heng Nhek

HENG NHEK, 70 ans, s’exprime également dans un français parfait et nous emmène voir la construction de la maison de sa fille dont le gendre, pour la financer, est parti travailler pour plusieurs années en Corée. Il évoque le manque de travail pour les jeunes, la vie « misérable » des paysans cambodgiens qui ne peuvent pas s’en sortir car les terres appartiennent à des gros propriétaires, les salaires si petits qu’il est indispensable de cultiver légumes, riz pour la consommation personnelle et posséder vache ou buffle que l’on peut vendre en cas de frais de santé inopinés. Pendant la période Pol Pot, il avait perdu cheveux et dents et avait un gros ventre pour cause de malnutrition. Il nous parle également de la déforestation qui fait rage.
marché de Kratie

village flottant sur le Mekong au niveau de Kratie

le Mekong près des rapides


un  soir de brume

et on ne résiste pas, baignade au coucher du soleil et sous les tropiques ils sont fabuleux !



Nous tentons bien de continuer à suivre le cours d’eau jusqu’à Stong Treng, mais devrons bientôt faire demi-tour et nous résoudre à emprunter la route 7 jusqu’à la frontière du Laos.
Celle-ci, au fur et à mesure de notre avancée vers le nord, devient de plus en plus calme et quelques minuscules hameaux et villages bien pauvres qui ont grignotés un peu de terre sur la forêt environnante donnent un peu de vie à ce paysage uniforme.
Heinz Stücke en personne !
Pour nous ce sera pourtant la route des rencontres. Cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas rencontré d’autre cycliste à sacoches. Quelle surprise de voir débouler devant nous un monsieur d’un « âge certain » avec plein d’entrain sur son vélo pliant. A défaut de sacoches, son vélo est garni de deux sacs à dos. Au fil de la conversation, nous nous rendons bien compte que c’est un personnage et qu’il a roulé sa bosse à travers la planète, …. à vélo. Notre surprise fut bien grande lorsque nous découvrons que c’est Heinz Stücke, en personne, une légende dans le domaine du cyclotourisme vu qu’il parcourt la planète à vélo depuis plus de 50 ans et qu’il en a bien des anecdotes à raconter.
Patrick, Gerold, Ushi et les go
Le lendemain, ce fut un regroupement de 5 vélos « Patria » avec Patrick, parti de Munich le même jour que nous soit le 3 mars 2012, et Ushi et Gerald, deux cyclo allemands en voyage pour 1 an.







La famille de Chad
Nous arrivons en pleine préparation de nouvel an chinois dans la famille de Chad qui nous hébergera pour une nuit à Ta Mau. Ce jeune homme, dont la famille s’est privée pour lui permettre de poursuivre des études, rentre chez lui pour fêter l’entrée dans l’année du serpent en famille et souhaiterait trouver un job mieux payé et qui lui permette d’aider sa famille financièrement.
Sa maman nous concoctera un dîner cambodgien et au petit dejeuner, ce sera riz et poisson fumé !
Chad
Au fil de la route, une nuit parmi d'autres dans un vat










Nous quittons ce pays, épaté par ce peuple qui nous donne une belle leçon de force et surtout de joie de vivre à peine 30 ans après cette catastrophe humanitaire et des milliers de morts pendant les 3 années du régime, un pays qui a encore un long chemin à suivre pour se reconstruire.
sur la route vers la frontière du Laos