10 mars 2013

Luang Prabang


Depuis Vang Vieng, il nous faudra 4 jours pour couvrir les 200 km qui nous séparent de Luang Prabang, ville inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Un parcours qui nous amène à plus de 1400 m, où nous avons ressorti les polaires suite à cette tempête, via plusieurs cols et de gros dénivelés, et un superbe parcours de crête par des villages hmong et kamu. La route tranquille, surtout fréquentée par les bus et camions et les locaux en scooter bien sûr, serpente et nous offre de superbes points de vue.
 



Dans ces hameaux des ethnies montagnardes du Laos, perchés sur les crêtes, seuls les matériaux cherchés dans la forêt, bambou et herbes hautes sont utilisés pour la construction des maisons, au sol en terre battue. La pauvreté y est bien plus visible que dans les villages de vallées, habitées par les lao, où les familles plus aisées remplacent les maisons traditionnelles en bois sur pilotis par des maisons en dur.

elle incise les bambous, les ouvre pour en faire des plaques qui serviront de murs pour sa maison

villages de montagne, murs en bois ou bambou et toits en chaume

chouette une descente.... avant la prochaine montée !

Les femmes portant essentiellement la jupe traditionnelle, le sarong, vaquent à leurs occupations quotidiennes, leurs bébés portés à l'aide d'une écharpe alternativement dans le dos ou sur la hanche ou sur le ventre (pour le permettre de téter). Les pères ou grands frères ou soeurs, les remplacent souvent.
bébés dans le dos, bébé sur le ventre, au marché d'un  village de montagne


On palabre souvent devant les maisons le long de la route ; on cherche du bois dans la forêt proche à l'aide de paniers portés sur la tête, les femmes tressent les plaques d'herbes sèches qui constituent le toit, celles-ci devant être renouvelées tous les 2-3 ans, les femmes ou enfants, seuls, cherchent de l'eau à la fontaine du village (deux seaux accrochés à un baton porté sur l'épaule), et ainsi va la vie...
Le long de la route, nous croisons les enfants qui se rendent à pied ou à vélo, sur plusieurs kilomètres par une route qui n'a rien de plat, à l'école la plus proche.
écoliers qui ont plus de 5 km de route à faire pour rentrer chez eux


Le long de notre route, les méfaits de la déforestation sont par endroits énormes et certaines collines sont complètement déboisées.
des montagnes entières ont perdu leur couverture forestière

concentration de cyclistes au Laos !
un couple autrichien sur un tour du monde
un couple britannique en tandem de Nouvelle-Zélande à UK

Luang Prabang, dont les anciennes maisons coloniales sont tranformées en guesthouses, et la vieille ville parsemée de multiples vats historiques, superbes, étincelants avec leurs couleurs rouges et or, fréquentée aussi par une multitude de touristes, est un autre monde, un décalage énorme avec les villages que nous venions de traverser. Les moines, très nombreux, dans leur robe orange font partie intégrante du décor.
Malgré le nombre de touristes, c'est une ville, coincée entre le Mékong et la rivière Kham, qui dégage une ambiance tranquille et très agréable, favorable à la détente. Toute est fait pour que l'on se sente presque comme chez soi, loin de chez soi !!! On se surprend à aimer cette atmosphère et finalement nous profitons des facilités qu'elle offre pendant 2 jours avant d'attaquer nos derniers 300 km de montagnes avant la Chine. Le buffet du marché de nuit est un régal pour les yeux et les papilles !!!

un des plus beaux vat de la ville


rue de Luang Prabang le long du Mékong et maisons transformées en guesthouses

 

9 mars 2013

1 an de voyage

une année entière à avancer, à être en mouvement constant, tous les sens aux aguets pour assimiler toutes les sensations qui nous assaillent, un an à la rencontre des autres, des rencontres parfois de quelques instants ou de plusieurs heures avec un vrai partage..... et bien, on a du mal à réaliser.
Vue sur les pics karstiques et sur la pluie
diluvienne de Vang Vieng
un an de voyage avec une arrivée sous une pluie diluvienne (la première depuis bien longtemps, depuis la Turquie) (nous sommes à la saison sèche mais une tempête sur la mer de Chine s'est décalée sur le nord du Laos) à Vang Vieng dans le nord du Laos. Situé dans un environnement de montagnes karstiques dont nous avons fait qu'entrevoir les silhouettes, noyées dans des nuages épais et bas, nous avons surtolut profité de cette petite ville touristique pour se ressourcer et fêter dignement ces 12 mois de balade. On a craqué, après plusieurs mois de riz et de noodles aussi bien au petit dejeuner, qu'au déjeuner et dîner, pour une pizza et même un pot de nutella, des saveurs bien de chez nous, ce qui fait du bien au moral.



pas de problème au Laos pour transporter
vélos sur un bus
Ce moral, un peu à la baisse depuis le sud du Laos, chaleur et route moins intéressante et peut-être un coup de fatigue et de blues, et surtout le timing précis pour l'entrée en Chine (au plus tard le 17 mars) nous a incité à faire un bond rapide en avant de Savannakhet au centre du Laos, en bus, jusqu'à la capitale Vientiane.


Capitale sympathique avec ses airs de petite ville de province, et ses anciens temples disséminés dans la vieille ville, le Pataxai en forme d'arc de triomphe et son immense avenue bordée au bout par le palais présidentiel avec ses airs de déjà vu, serions nous aux champs Elysés miniatures, et le hasard qui nous amène devant le restaurant "l'Alsace" tenu par un vrai de vrai originaire d'Ohlungen (on peut y gouter des spaetzle, des grumberesalad, knepfle, etc...), de belles rencontres de voyageurs dont Michael et Michel et Karine, que nous avions déjà rencontré au Cambodge, et d'autres, et surtout la perspective de changer de décor et de  partir vers les montagnes, nous reboostent le moral.
La Chine n'est plus très loin, allez on y va.
Pataxai à Vientiane

stupa doré et bouddha couché

Le Mékong à Vientiane

2ème rencontre avec Michel et Karine

vue depuis le palais présidentiel vers le Pataxai

un petit coin de chez nous... loin de chez nous !

mariés sous le soleil couchant

A vientiane c'est repos pour les jambes , dans une belle maison lao traditionnelle....
mais la tête travaille....

Changement d'ambiance quelques kilomètres après Vientiane, et après un premier petit col, nous voilà dans les montagnes recouvertes d'une épaisse couverture forestière. Jusqu'à Vang Vieng, ce sera une mise en jambe pour la suite, avec de nombreuses petites montées et descentes. Les petits villages lao bien plus éloignés les uns des autres, ponctuent le parcours.

jeunes lycéennes en train de préparer une danse pour le spectacle de fin d'année de leur école (les grandes vacances commencent vers la mi-fin mars jusqu'à fin avril environ pendant la période la plus chaude de l'année)

dernières routes plates avant les montées

vers Vang Vieng


guesthouse sur le trajet, les vélos dorment à côté de nous dans la chambre.... et ce matin il tombe des cordes

parapluie sur scooter

toujours vers Vang Vieng

papaya salad et sticky rice pour se remettre de nos kilomètres sous une pluie diluvienne... à Vang Vieng

Quelques photos du sud du Laos, promises sur l'article précédent :
café qui sèche le long de la route du plateau des bolaven

ce sera nous les écoliers (sous tente) pour une nuit !

usagers de la route....à deux roues, ou... 4 pattes...

plantations de café

piste de 100 km de Saravan pour retrouver la route principale

dans les assiettes, ce sont bien des larves et autres insectes
avis aux amateurs



3 mars 2013

Sabaidee Laos

La traversée de la frontière Cambodge / Laos, ou comment les fonctionnaires mal payés arrondissent leurs fins de mois.
Pas de fouille de sacoches, on pourrait transporter.... plein de choses !
Mais côté cambodgien, "2$ please" pour apposer le tampon de sortie du pays, au lieu de 1$ habituellement, car c'est samedi !
Côté Laos, où nous faisons faire directement notre visa à la frontière, ce sera 1$ pour le préposé aux visas et 2$ pour le tampon d'entrée dans le pays dans le bureau à côté, prix doublés car on est samedi !
On était prévenus et beaucoup de voyageurs refusent mais finissent par payer ou alors ils ne passent pas !!! Nous choisissons la méthode de l'attendrissement, quelques sourires... et finalement on arrivera à couper la poire en deux !!! mais aurons malgré tout participé à enrichir des fonctionnaires corrompus.
En discutant avec les gens, on nous confirme que la corruption est partout et que le pays tout entier fonctionne ainsi.
on a passé le poste frontière laotien, au milieu de la forêt


Voene Kam, baignade dans le Mékong
Une frontière n'est qu'une ligne imaginaire et on pourrait penser que d'un côté  ou de l'autre, peu de différence. Pourtant, ce premier jour au Laos, dans le petit village de Voene Kam, tout près de la frontière, l'ambiance n'est pas la même que de l'autre côté. Plus de hello, des sabaidee plus timides, réservés. Nous dormons ce soir là dans la tente au milieu du village et personne ne viendra nous voir et nous questionner. Cela faisait bien longtemps qu'on ne se sentait aussi "tranquille".
notre campement sur une terrasse couverte à Voene Kam

Nous découvrirons au fil des jours que les laotiens, malgré de nombreux sabaidee lancés lors de nos traversées de villages, sont beaucoup plus réservés. Est-ce de l'indifférence ou simplement la capacité de respecter l'espace vital de chacun ?  Nous verrons au fil de notre avancée.
Dans tous les cas, surtout dans les villages, les sabaidee fusent à notre passage et les parents apprennent aux plus jeunes à saluer les falangs.


coucher de soleil sur le Mékong à Voene Kam
Nous rejoignons le site des 4000 îles sur le Mékong, via un petit détour par les chutes de Khone, et passerons 2 jours sur Don Det pour prendre un peu de repos. Cette petite île n'est doté de l'électricité que depuis peu (3 ans environ) et depuis plus récemment encore les guesthouses proposent internet. Ce qui était il y a seulement 4 à 5 années un lieu idéal hors du temps a été pris d'assaut maintenant par des jeunes en quête de lieux pour faire la fête et se promener sur le Mékong sur des chambre à air de tracteur (tubing).
Au bout de l'île, loin de l'agitation du débarcadère, nous planterons notre tente dans le jardin d'une guesthouse et passerons 2 jours vraiment au calme pour se ressourcer.
chutes de Khone Phapheng


et voilà, on laisse un peu nos vélos seuls pendant notre visite et les voilà qui jouent les vedettes avec un groupe de vietnamiens en balade au Laos !!!

traversée sur une frêle embarcation pour l'île de Don Det

notre campement sur l'île face au Mékong

A partir de Paksé, un petit détour vers le plateau des Bolaven, où les plantations de café, culture introduite au début du siècle par les français, ainsi que des théiers sont nombreuses. A 1300 m d'altitude nous y apprécions un peu de fraîcheur. Ici les maisons traditionnelles en bois cotoient des maisons récentes en dur.
100 km de piste poussiéreuse nous attendent pour rejoindre la route principale à partir de Saravan.
Lors de la traversée d'un village, notre estomac crie famine. Chouette, il y a des habitants qui vendent des bananes, légumes et des choses bien bizarres. On devrait y trouver quelque chose à grignoter.
En y regardant de plus près, outre les fruits, ce sont des assiettes pleines de larves d'insectes et des brochettes de scarabés cherchés directement dans la forêt qui nous entoure. Bon pour cette fois-ci on se contentera de.... bananes !!!
En dehors de ces plats "typiques", nous trouvons surtout, dans les villages, des petits resto proposant soupes de noodles, brochettes de poulet ou saucisses et riz gluant, parfois salade de papaye (exception faite des endroits touristiques où les plats sont bien plus variés).
Le pain est toujours présent ici sous forme de petites baguettes mais on n'en trouve pas forcément partout.

P.S. : les photos pour ce dernier paragraphe suivront lors d'une prochaine connexion internet, un peu plus rapide !!!

27 février 2013

Le Cambodge en vrac !



En conclusion à ce pays où la population est tout sourire, quelques images en vrac.
Au pays du tout à 1$, où l’on peut payer indifféremment en dollars ou en riels (1 dollar = 4000 riels, montant arrondi),  le mot « dollar » est un mot magique…et parfois les totaux sont un peu fantaisistes. 


Les wat, bien que souvent moins clinquant qu’en Thailande, sont omniprésents, et le matin, les bonzes, pieds nus, font leur tournée matinale pour récolter une louche de riz ou autre nourriture, et, en contrepartie récitent une prière.




Nos bivouacs :
Souvent dans les wats, avec parfois de belles rencontres à la clé, mais où nous avons souvent été réveillés par les chants des jeunes bonzes qui récitent leurs prières avant le lever du soleil et après le coucher du soleil.
jeunes moines bien curieux pendant la préparation du petit dej

nuit dans le wat et visite avec le jeune moine

nuit en terrasse près de la maison des moines et chants en prime

quelques familles qui nous ont alloué un petit coin soit dans ou sous la maison et ont partagé riz et poisson et parfois l'alcool local, très présent.
Avec la chaleur, nous apprécions de pouvoir nous rincer, le soir, à l'eau des jarres, présentes dans chaque wat ou sous chaque maison.
salle de bain et buanderie

La notion de grasse matinée étant inconnue ici, nous nous réveillons sans problème "à la fraîche" à 5h30 du matin car coqs, chiens, prières, musiques diverses, ou parfois télé dans les familles s'en chargent. Par contre, la sieste dans le hamac est de rigueur pour les locaux, mais pas pour nous !!!

Les mob ou scooters "à tout faire"  :
pour aller faire une petite course à 100 m de la maison, on saute sur la mob
pour emmener enfants et copains à l’école, c’est en mob
la famille s'agrandit, pas de problème, on se serre un peu sur la mob
On sort entre copains ou copines, c’est en mob
On veut transporter un, deux ou trois cochons pour les vendre, pas de problème, la mob est là
Idem pour une trentaine de poules
la mob se transforme aussi en "supermarché" local
On veut transporter matelas ou tout autre chose volumineuse, il n’y a pas de problème en mob
transport de cochons

transport de poulets

1 enfant devant et 1 derrière

Pour l’essence, partout le long de la route les petites échoppes vendent l'essence par litre. Elle est déjà conditionnée dans des bouteilles de coca en verre, rarement, dans un tonneau muni d’une pompe.
bouteilles d'essence

Dans les villages, on ne passe pas inaperçu. Dès qu’ils nous voient arriver, déjà de loin, on entend des cris et des hello et des bybye frénétiques, souvent des deux côtés de la route. On a parfois du mal à leur répondre à tous. Jeunes et vieux nous saluent et dès leur plus jeune âge les parents initient les bébés en leur faisant faire un salut de la main aux barang que nous sommes.
  
L'entrée des cours ou maisons sont décorées de panneaux pour tel ou tel parti politique. Ici pas de honte, on affiche sa préférence !

Réminiscence de la colonisation, gendarmerie et police sont encore écrits en français et en khmer

Difficile de trouver une simple crème nourrissante pour ma peau, vu que toutes les crèmes portent la mention « white » ou « whitening », et les femmes se cachent le corps d’un soleil trop présent, parfois avec deux épaisseurs de pulls (mais comment font-elles avec cette chaleur ?). Elles s'occupaient aussi de ma peau en me faisant signe de me couvrir les bras alors que les marques sur nos pieds les faisaient bien rire !

En route maintenant pour le Laos pour de nouvelles découvertes.